HAITI MON AMOUR

 Blason

    Haïti mon amour

 

État des Grandes Antilles, Haïti occupe le tiers occidental de l'île d'Hispaniola, en mer des Caraïbes, l'autre partie constituant le territoire de la République dominicaine. Port-au-Prince en est la capitale. Haïti devint en 1804 la première nation noire indépendante après la Révolution haïtienne (1791-1803) qui conduisit l'armée de Napoléon à abandonner l'île.

 

Évolution du nom du pays

 

Chez les Taínos, Ayti signifiait Terre des hautes montagnes  ou La montagne dans la mer. Lorsque les Français, provenant de l'île de la Tortue vers la Grande Terre, occupèrent la partie occidentale de l'île d'Hispaniola, il francisèrent le nom en usage chez les espagnols Santo Domingo en Saint-Domingue. De 1630 à 1664, ce nom resta informel jusqu'à ce que Colbert incorpore la colonie de Saint-Domingue à la Compagnie des Indes Occidentales. Le nom de Saint-Domingue sera confirmé par les traités de Ryswick (1697) et de Bâle (1795) pour désigner la partie occidentale (pars occidentalis), qui, durant cette période coloniale française, fut aussi surnommée la "perle des Antilles". Le 1er janvier 1804, en déclarant l'indépendance du pays, Dessalines lui redonne le nom indien d'Haïti, désireux de rompre avec les appellations française et espagnole. Haïti est parfois le nom donné, en français, à l'ensemble de l'île . En créole, le pays est appelé Ayiti.

 

Histoire

 

Cette île des grandes Antilles fut découverte par Christophe Colomb en décembre 1492. Il la nomma Hispaniola. Les peuples de culture Arawak, Caraïbes et Tainos, occupaient l'île avant l'arrivée des Espagnols. On estime leur nombre à la fin du XVe siècle à environ trois cent mille. Les Espagnols exploitèrent l'île pour son or. Les amérindiens refusant de travailler dans les mines furent massacrés et réduits en esclavage ; les rares qui s'échappèrent pour trouver refuge dans les montagnes furent marginalisés et fortement paupérisés. Les maladies infectueuses arrivées avec les européens firent des ravages ; les mauvais traitements, la dénutrition et la baisse de natalité firent le reste : la population indigène fut décimée en quelques décennies.

 

Les espagnols décidèrent de remplacer les indiens dans les plantations par une main d'œuvre abondante : des esclaves Noirs déportés d'Afrique. Dès 1517, Charles Quint autorisa la traite des esclaves. L'ouest de l'île étant négligée par les colons espagnols, des boucaniers français s'y établirent peu à peu, puis des colons organisèrent des plantations et des villes. Le traité de Ryswick de 1697 partagea l'île entre la France et l'Espagne. Au XVIIIe siècle, sous le nom de Saint-Domingue, la partie occidentale devient la colonie française la plus riche de toute l'Amérique grâce aux profits immenses de l'industrie sucrière. Des centaines de milliers d'Africains furent amenés à Saint-Domingue comme esclaves pour faire fonctionner cette industrie. Leur sort fut juridiquement encadré par le code noir, préparé par Colbert et édicté par Louis XIV.

 

La Révolution française entraîna de graves bouleversements sociaux, dont le plus important dans la région fut la révolte des esclaves qui aboutit à l'abolition de l'esclavage en 1793 par les commisssaires civils Sonthonax et Polverel, (décision avalisée et généralisée à l'ensembles des colonies françaises par la Convention six mois plus tard). Le noir Toussaint Louverture, nommé Gouverneur par la France, après avoir rétabli la paix et chassé les Espagnols et les Anglais qui menacaient la colonie, rétabli la prospérité par des mesures audacieuses. Mais il alla trop loin en promulguant une constitution autonomiste. Napoléon Bonaparte, sous l'influence des créoles et des négociants envoya une expédition de 30 000 hommes sous les ordres de son beau-frère le Général Leclerc pour démettre Louverture et rétablir l'esclavage. Mais, après quelques victoires et l'arrestation et déportation de Toussaint Louverture, les troupes françaises finirent par être battues à la bataille de Vertières par Jean-Jacques Dessalines et le 1er janvier 1804, l'indépendance du pays fût proclamée sous le nom d'Haïti. Dessalines se fit proclamer gouverneur à vie par ses troupes. Il fit exécuter les Blancs restés sur l'île et gouverna en despote. Il périt assassiné le 17 octobre 1806.

 

 Le pays se partagea alors entre un royaume au nord, dirigé par Henri Christophe et une république au sud, dirigée par Alexandre Pétion. Le président Jean Pierre Boyer fit réunifier ces deux parties ; il conquit de plus la partie est de l'île. Le 11 juillet 1825, le roi de France Charles X menaça de reconquérir l'île et envoya une flotte de 14 vaisseaux. Boyer dut signer un traité selon lequel la France ne reconnaissait l'indépendance du pays qu'en échange d'une indemnité de 150 millions de francs-or (la somme sera ramenée en 1838 à 90 millions de francs). Le peuple haïtien réclame aujourd'hui à la France le remboursement de cette indemnité, qu'il rendent responsable de l'État actuel de son économie. Le gouvernement français ignore cette réclamation depuis toujours en toute discrétion. Cette question fait débat dans tous les milieux en Haïti sans toutefois que l'opinion publique française n'en aie jamais été mise au courant, et encore moins été consultée.

 

Une longue succession de coups d'État suivit au départ de Boyer. Le pouvoir ne cessa d'être contesté par des factions de l'armée, des élites mulâtre et noire, et de la classe marchande (elle-même composée de grand nombre d'étrangers – Allemands, Américains, Français, Anglais etc). Le pays s'appauvrit, peu de chefs d'État se préoccupant de son développement. Dès que le pouvoir se fragilisait, des révoltes armées se déclenchaient, entretenues par les candidats à la succession. Au début du 20ème siècle, le pays était en état d'insurrection quasi-permanente.

 

Les États-Unis occupèrent l'île de 1915 à 1934.

 

Par la suite, de 1957 à 1986, règna la dictature des Duvaliers, sous lesquels le système de délation et d'escadrons de la mort dits Tonton Macoute fut mis sur pied. De nombreux haïtiens s'exilèrent, notamment aux Etats-Unis et au Québec.

 

L'ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide remporta les élections au mois de décembre de l'année 1990. Son mandat débuta le 7 février 1991, mais un coup d'État mené par des militaires soutenus par la bourgeoisie d'affaires le renversa dès le mois de septembre. En 1994, il fut rétabli au pouvoir grâce à une intervention armée américaine à la condition de ne pas récupérer les années perdues lors de l'intermède militaire. Il quitta ainsi la présidence en 1995 et fut réélu en 2000. Après plusieurs mois de manifestations populaires et de pressions par la communauté internationale, plus particulièrement de la France et les USA, Aristide fut enlevé du pouvoir par des militaires américains, le 29 février 2004, lorsque des forces armées constituées d'opposants et d'anciens militaires qui contrôlaient le Nord du pays menaçaient de marcher sur la capitale Port-au-Prince. Selon Aristide, il a été enlevé contre son gré. Selon les autorités américaines mais aussi françaises et brésiliennes, il a volontairement accepté de partir de son pays. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, assura le pouvoir par intérim. En février 2006, suite à des élections marquées par des incertitudes sur le décompte des bulletins de vote, et grâce à l'appui de manifestations populaires, René Préval, proche d'Aristide et ancien président de la République d'Haïti entre 1995 et 2000, a été élu.

 

Récapitulatif

 

1492 : Découverte de l'île par Christophe Colomb

1517 : Autorisation de la traite des Africains par Charles Quint

1697 : Séparation de l'île entre France et Espagne, suite au traité de Ryswick

1685 : Ediction du Code Noir par louis XIV

1790 : Assemblée Coloniale par les colons blancs.

1791 : Révolte des esclaves

1793 : Affranchissement des esclaves de Saint-Domingue par les commissaires Sonthonax et Polverel

1794 : Abolition générale de l'esclavage par la Convention

1801 : Promulgation d'une constitution propre à Saint-Domingue par Toussaint Louverture.

1802 : Paix d'Amiens avec l'Angleterre. Expédition du général Leclerc à Saint-Domingue

1804 : Indépendance d'Haïti

1826 : Reconnaissance de l'indépendance par la France, contre une indemnité de 150 millions de francs-or

1915 : Occupation américaine

1957 : Election de François Duvalier

1990 : Election de Jean-Bertrand Aristide

2004 : Démission et exil forçé de Jean-Bertrand Aristide, mise en place d'un gouvernement d'intérim.

2006 : Election de René Preval

 

Personnalités

 

Cette liste énumère des personnalités de la diaspora haïtienne ou d'origine haïtienne:

Jean Baptiste Pointe du Sable métis qui serait le fondateur de la ville de Chicago (USA).

Le général Alexandre Dumas, métis, père de l'écrivain français Alexandre Dumas (auteur des Trois Mousquetaires.

Alibi Montana rappeur français.

Lyonel Trouillot (écrivain), État de droit et (Re)penser la citoyenneté, Editions Haïti Solidarité Internationale, HSI - 2002.

Kery James rappeur français de son vrai nom Alix Mathurin.

Michaëlle Jean gouverneure générale du Canada immigrante d'Haïti.

Maurice Barthélémy comique et acteur français membre de la troupe des Robins des Bois dont la mère est haïtienne.

Sidney Poitier acteur américain dont le père est haïtien.

Wyclef Jean et Pras Michel rappeurs américains membres du groupe Fugees.

Gage chanteur de R&B canadien (Québec) découvert par Corneille. Il est d'origine haïtienne et jamaïcaine.

Nadine Faustin championne d'athlétisme belge.

W.E.B. DuBois activiste américain des droits civiques.

John James Audubon ornithologue, naturaliste et peintre franco-américain.

DJ Whoo Kid D.J. américain membre du groupe de rap G-Unit de son vrai nom Yves Mondésire.

Usher, le « prince » du R'n'B US, de son vrai nom Usher Raymond.

Tony Yayo rappeur américain des G-UNIT de son vrai nom Marvin Bernard

Jean Métellus docteur en neurologie et en linguistique, écrivain haïtien référencé dans le Petit Larouse et vivant en France

Anthony Kavanagh comique québécois d'origine haïtienne

Joël Des Rosiers immigré d'Haïti, docteur en medecine, écrivain remportant plusieurs prix littéraires

Dany Laferrière écrivain

Ralph Gilles designer chef des usines Daimler Chysler aux Etat-Unis .

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Article ajouté le 2006-12-28 , consulté 153 fois

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